Dan Levin / objects of curiosity. Collaboration with Bask in the Sun

RENCONTRE AVEC DAN LEVIN, ARTISTE INVITÉ

(english version below)

Qui es-tu ? D’où viens tu ?
Mon nom est Dan LeVin. Je suis né à Los Angeles dans les années 60, j’ai grandi près de New York City et je suis revenu à Los Angeles pour suivre une école d’art dans les années 80. En 2005, je suis parti un an en Australie et ensuite quelques années en Europe. Ma femme et moi vivons actuellement à Santa Barbara en Californie. J’ai un diplôme d’université. Il est encadré sur l’un des murs de mon studio, à moitié déchiré et brûlé dans un coin…

Tu as dit un jour « la poubelle d’un homme fait le bonheur d’un autre ». C’est à dire ?
Je disais ça avant, maintenant c’est plutôt : «  la poubelle d’un homme fait la carrière d’un autre ». Qu’importe, j’ai écrit un manifeste artistique il y a 25 ans qui disait : « j’avais 11 ans et je vivais sur une petite île de l’océan atlantique. Comme tous les habitants de Block Island, on apportait nos ordures dans une zone précise, « the dump » (la décharge). A l’entrée se tenait un vieil homme qui nous dirigeait vers un tas précis. « La poubelle d’un homme est le trésor d’un autre » marmonnait-il la bouche à peine ouverte. Je l’ai entendu répéter ça souvent. C’est lui qui m’a mis cette phrase en tête et qui m’a ouvert l’esprit. Tout ce bric à brac s’est mis à briller : pièces rouillées, déchets flottants dans l’eau croupie et débris d’appareils partiellement recouverts par la nature.

La liberté d’organiser d’associer des objets qui n’avaient jusque là pas eu l’occasion de cohabiter ensemble pour en faire une composition originale ou un dispositif métaphorique, c’est ce qui m’intéresse. Que ce soit pour réaliser une pièce mystérieuse, ironique ou un objet esthétiquement plaisant, je me souviens toujours des paroles du vieil homme…

D’où viennent les objets que tu utilises ?
J’utilise tout ce que je peux trouver. Tous les déchets. Pour moi c’est encore mieux si je trouve des « ingrédients » dans la rue ou dans une benne, un objet que les autres considèrent comme devenu inutile. Je me balade aussi régulièrement dans les boutiques d’entraide et de charité. Si j’ai besoin d’un élément précis pour une pièce, je regarde sur Ebay, mais c’est en dernier recours et je considère même que c’est tricher un peu… Je me promène sur les plages et dans les forêts pour les matériaux naturels. Mais d’une manière générale j’utilise plutôt des déchets humains parce que la destruction de notre propre entourage est une comédie / tragédie qui m’attire.

Dan Levin / objects of curiosity. Collaboration with Bask in the Sun

J’ai vu une photo de ton studio. Quel bordel ! Tu es heureux au milieu de tout ça ?
J’ai récemment fait un gros nettoyage et organisé les ingrédients, mais je dois l’admettre, c’est toujours le chaos ! Et il y a une raison à ça : je préfère le chaos ! Je travaille mieux quand les choses sont mélangées. Quelqu’un a essayé un jour d’organiser mon studio. C’était bien fait, mais je ne retrouvais plus rien. En tant qu’artiste qui travaille avec des objets trouvés, j’ai besoin d’être entouré de beaucoup de choses pour pouvoir choisir. Avoir ces ingrédients dans des tiroirs n’est pas vraiment propice à la création. Du coup j’ai récemment commencé à éparpiller les choses sur des plateaux. Je te laisse imaginer à quoi ça ressemble… Tu penses que je suis bordélique ? Regarde des photos du studio de Francis Bacon ou du bureau d’Alexander Calder. Respect ! Puisque j’en suis à citer des gens qui m’inspirent, je considère Ed Kienholz et Yves Klein comme des dieux !

Dernière question. Pourquoi as-tu accepté de travailler avec Bask in the Sun ?
J’ai dit « oui » parce que Bask in the Sun amène de l’air frais. Votre esthétique, tout cet état d’esprit autour de la nature et du voyage, ça me parle. Quand j’ai reçu un mail de France, il y a des années, qui disait que quelqu’un voulait me payer pour mettre mes curieux objets sur des tees shirts, j’ai d’abord pensé à un spam. Mais c’était une vraie offre ! Ça me donne encore envoie de croire en l’homme…

Merci beaucoup

Dan Levin / objects of curiosity. Collaboration with Bask in the Sun

Who are you? Where do you come from?
My name is Dan LeVin. I was born in Los Angeles in the 1960s, raised near New York City, and moved back to Los Angeles and graduated art school in the 1980s. In 2005, I moved to Australia for a year and then a few years in the U.K. and Europe. My wife and I currently reside in Saint Barbara, California. I’ve been involved in the arts all my life. I actually got a degree from a University. My framed diploma is on my studio wall but it’s torn in half and burned on one corner.

You’ve said one day « one man trash is another man’s treasure ». Tell us more please.
I used to say that — the saying has changed a bit. Now I say « One man’s trash is another man’s career ». I wrote that artist statement 25 years ago. It’s grammatically challenged and wordy but you asked me to tell you more, so here it is:

I was 11 years old and living on a small island in the Atlantic Ocean. As inhabitants of Block Island, we had to bring our refuse to a designated area, “the dump”. At the entrance stood an old man who would direct us to a particular pile. “One man’s trash is another man’s treasure”, he whistled through the space between his teeth. I’ve heard it repeated many times since but he was the first to enlighten me with that adage. From that moment forward, my template recognition was altered. All the so-called “ junk” began to glow. Rust-caked, post-tech flotsam and jetsam begging to be melded with nature’s slough and fallen debris. A vision reminiscent of a puzzle with no particular solution. The freedom to orchestrate relationships between objects that may never have been in the same proximity, into a singular composition or a metaphorical device, is what intrigues me. Whether commenting on the mysterious as well as the ironic or simply producing an abstract that is aesthetically pleasing, I am constantly reminded by fleeting memories of the old man that my life work will not end due to a lack of raw materials. I often find myself blah, blah, blah… whatever.

Dan Levin / objects of curiosity. Collaboration with Bask in the Sun

Where do these objects come from?
I’ll use whatever I can find. All the table scraps. For me, it’s a big bonus if I find « ingredients » in the street or in a dumpster. How do you say « dumpster » in French? An object that someone else considered « no longer viable » … that’s the prize. I make my rounds to the thrift stores or « charity shops » on a regular basis. If I need a specific element for a piece I’ll check on Ebay, but that is out of desperation and it almost feels like cheating. I also source beaches and forests for natural ingredients, but I typically work with human detritus because the destruction of our own habitat is a comedy/tragedy that attracts me.

I’ve seen pictures of your studio. What a mess! Are you happy with that?
I recently did a studio purge and organized ingredients but I have to admit, it’s still chaos. And there is a reason for that: I prefer chaos. I function better when things are a bit of a cluster fuck. Someone tried to organize my studio for me once. They meant well, but I never could find my way around the studio after that. As an artist who works with found objects, I need to have a large palette around me to choose from. It takes up a lot of room, and having ingredients in drawers isn’t really conducive to work flow — so I recently started scattering things around in open trays. I’ll let you know how it goes. You think I’m a studio slob? Take a look at photos of Francis Bacon‘s studio and Alexander Calder‘s desk. Respect. Since I’m name dropping, I might as well mention that I believe Ed Kienholz and Yves Klein are gods.

Last question. Why did you say ‘yes’ to collaborate with Bask in the Sun?
I said yes because Bask in the Sun kicks serious arse. Your aesthetic, ethos and the whole nature, travel lifestyle thing… Yeah, that all works for me. When I received an email from France years ago saying that someone would pay me money to put my Objects of Curiosity on shirts, well, I thought it was spam. Bask in the Sun turned out to be legit. Way legit. That still gives me hope for our species.

Merci beaucoup

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